Animal Kingdom, c'est ton destin



1 commentaires
Sorti en avril dernier, il n'avait pas vraiment fait parler de lui. Presque incompréhensible tant Animal Kingdom de David Michôd est un film intense et superbe. Sa sortie en DVD est l'occasion rêvée de revenir sur cet incroyable film australien, ambitieux et puissant. (Re)visionnage. 



DÉSINTÉGRATION
Même à lire entre les lignes Animal Kingdom, sorti en 2011, ne figurait pas dans les multiples top ciné publiés partout et par n'importe qui et n'importe quoi. Et finalement c'est peut être tant mieux, parce qu'on ne l'attend pas du tout au tournant ce petit film australien réalisé sans prétention et dont l'intensité  nous cueille sans crier gare. Entre le Parrain et Un Prophète, le ton de ce film remarqué à Sundance est clairement donné. Pas sympa ni réconfortant mais misant sur la froideur animale et la noirceur implacable du déterminisme familial, c'est l'histoire d'une famille de criminels australiens et de sa désintégration. C'est l'histoire d'une pierre qui grippe les rouages d'une machine sombre, l'histoire de cet élément qui fait tout basculer. C'est l'histoire de chutes, toutes différentes, toutes violentes et réalistes. 

FOUTOIR
La beauté de cette oeuvre n'est pas dans l'action ni les courses poursuites que l'on s'attend à trouver et dont le "cinéma" hollywoodien nous abreuve jusqu'à plus soif... Elle tient au contraire dans la psychologie de ses personnages et dans cette manière de montrer l'insidieuse violence qui mène à la dislocation, presque pourrions-nous dire au démembrement d'un cercle vicieux familial. Ici point de manichéisme, ni noir, ni blanc mais un panel de nuances qui déstabilisent en faisant échos aux doutes et aux hésitations de Joshua, jeune homme arrivé un peu par hasard au coeur de ce foutoir dans les bas fonds des quartiers chauds australiens. Happé par des animaux sans foi ni loi, rattrapé par hasard  par cette famille condamnée d'avance, le jeune homme a t-il le choix d'être différent? 

DIABOLIQUE
Impeccablement maîtrisé du début à la fin, le scénario, que le réalisateur a mis 10 ans à peaufiner, dégage une rare perfection qu'il est aisé de placer au même niveau que le génialissime Drive. Le casting est lui tout simplement énorme, pas dans la célébrité de ses acteurs, mais bien dans leur complémentarité et leur talent qui s'expriment tous différemment. Les personnages incisifs, brutaux et violemment réalistes sont tous portés par des acteurs hallucinants. Jacki Weaver, en monstre diabolique qui manipule ses pantins est fantastique. Mention spéciale aussi à Ben Mendelsohn qui arrive, d'un regard à faire peur, lui, qui au début du film apparaît comme le plus inoffensif. 

Au final, ce film ne glorifie pas la violence. Il la montre sans fioriture et dans toute sa brutalité. Une réelle réussite mise en scène d'une main de maître et qui dissèque un cercle infernal dont on ne sort pas intact. 

See Ya
Xxx

1 commentaires:

Violette at: 23 janvier 2012 09:44 a dit…

J'avais vraiment été impressionnée par ce film à sa sortie (http://leshumeursdeviolette.over-blog.com/article-animal-kingdom-75335824.html).
Par son côté tragédie grecque, fataliste, ces trajectoires humaines qui ne peuvent dévier de leur destinée...
Un grand film à voir absolument.

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